Analyse psycho-organique

 L’Analyse Psycho-Organique ( APO)

Approche reconnue par l’EAP (Association Européenne de Psychothérapie), par la FF2P (Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse) et par le SNPPsy.

L'analyse psycho-organique, théorie et méthode élaborée par Paul Boyesen, allie intimement le travail corporel et le travail analytique. Elle combine les méthodes de la psychologie biodynamique et la démarche psychanalytique classique telle qu'elle a été formulée par Sigmund Freud en intégrant la vision psychologique plus large proposée par Carl Jung, puis « intégrée dans le corps » par Wilhelm Reich.

 

Les 3 niveaux de l’APO

L’analyse psycho-organique repose donc sur des concepts qui lient le psychique et l’organique dans une chaîne dynamique de processus distincts mais interactifs. Elle suppose une organisation sur trois niveaux :

l’organique profond, les connexions organiques et le concept.

L’organique profond correspond à l’organisation émotionnelle comprenant le cerveau limbique et ses liens avec le système neurovégétatif ;

les connexions organiques représentent les défenses musculaires et les postures corporelles ;

 le concept est lié au système nerveux central qui permet la conscience et la mise en mots des affects profonds.

Ces trois niveaux forment un système, c’est-à-dire qu’aucun n’est premier, aucun n’est cause ou conséquence de l’autre. Dès que l’un est activé, les autres sont sollicités. On peut ainsi travailler en partant de n’importe lequel d’entre eux. Mais ce choix n’est pas aléatoire ; le psychothérapeute sera guidé par l’organisation psychique de son client, conduisant à une direction de travail singulière pour chaque personne.

 

Impulsion primaire - Réaction secondaire - Compromis

L’impulsion primaire

L’énergie primaire, c’est l’énergie créatrice. A priori, elle n’a pas de forme. Elle peut être canalisée, actualisée, selon certains modes (vital, émotionnel…), mais en tant que telle, elle est sans forme, ni bonne ni mauvaise : Eros, le chaos indomptable et sans forme. L’impulsion primaire, quant à elle, est vectorisée ; elle est mouvement contenant une intention.

La réaction secondaire[

La réaction secondaire, c’est ce qui se passe quand le monde dit « non » à l’impulsion primaire. L’obstacle fait partie de notre expérience du monde. La réaction secondaire fait partie de la vie. Que se passe-t-il quand le monde dit « non » à l’impulsion primaire ? La réaction profonde alors de sauver l’essentiel, c’est-à-dire le sentiment de sa propre identité voire de son existence : c’est la fonction de la colère ou de la rage : la colère est une affirmation du moi, de l’ego (identité) ; la rage, plus archaïque, est plutôt une micro-régulation (existence). Les deux sont des défenses narcissiques, c’est-à-dire des réactions d’auto-conservation. Le prix à payer pour cette protection est la perte de contact avec l’impulsion primaire. Ainsi, la réaction secondaire est-elle le protecteur de l’identité et/ou de l’existence en même temps qu’elle est le destructeur de l’impulsion primaire :

Compromis

Le compromis est une manière de revenir à l’impulsion primaire. Avec le compromis, la personne revient vers son désir et garde quelque chose de l’affirmation d’elle-même.

 

L’Analyste Psycho-organique est basée sur :

1) L’axe psychanalytique : basé sur la non-intervention, l’émergence de l’inconscient, notamment le travail avec les rêves, pouvoir nommer, verbaliser, et le travail avec le transfert, les projections, les résistances.


2) L’axe énergétique – organique : l’aspect organique met le corps en jeu, dans le sens d’y être attentif, d’écouter son langage et l’aspect énergétique met le mouvement au centre

3) L’axe relationnel : base de la psychologie humaniste ; pouvoir dialoguer avec l’autre, c’est être un autre « autre » et non pas « un ancien autre ».


4) L’axe philosophique et spirituel, l’accueil, l’émergence du sens pour la personne, ses valeurs.
Au niveau conceptuel général, l’APO exprime qu’il existe en chacun de nous une source fondamentale d’énergie indifférenciée, appelée ici énergie primaire, qui tend vers un but par le mouvement qui l’anime, l’impulsion primaire.
 Or, chaque être humain porte en lui l’image symbolique de ses potentialités. Cependant, pour comprendre un individu dans son ensemble, s’intéresser à son autorégulation appelée micro-régulation suppose aussi de voir comment le sujet interagit avec l’autre, le monde extérieur, dans la macro-régulation, les deux étant complémentaires pour une libre circulation de l’énergie, du désir et du sens.

 

Quelques concepts majeurs de l’APO

Le cercle psycho-organique,

élaboré par Paul Boyesen dans les années 70, propose une image symbolique d’un processus de développement de la personne, avec ses différentes stations ou passages essentiels, répartis en neuf points. Et les difficultés psychologiques perturbant ce parcours, il devient « grille de lecture » pour tenter de comprendre, dans la cure thérapeutique, le fonctionnement névrotique de la personne, là où dans son histoire, inconsciemment, un passage ne s’est pas vécu, ou mal, ou a pris trop d’importance par rapport à d’autres. Il ne s’agit bien sûr que d’une représentation, le repère d’un mouvement en spirale, d’une structure dynamique qui permet aussi d’analyser la relation thérapeutique entre le psychothérapeute et le thérapisant, les liens conscient-inconscient, le transfert-contre-transfert. Il est basé sur le modèle de la respiration, d’une part, et sur le développement psychologique classique d’un être humain:

l’inspir, le flux, l’énergie ascendante : Point 1 « besoin » (la dépendance, la relation à la mère), point 2 « accumulation » (l’enveloppement, la limite), point 3 « identité » (émergence de la parole et du désir, la marche, le « non », la place du père), point 4 « force » (la confrontation, le soutient), point cinq « capacité » (l’imaginaire, la liberté des possibles), points qui correspondent au monde intra-psychique du « moi » ;

la transition à l’autre et au monde, le point 6 « concept » ((le choix, le renoncement, la loi, la conscience)

- l’expir, le déflux, point 7 «expression» (le désir s’incarne en parole, action, réalisation), point 8 « sentiment » (l’interdépendance, le partage, le « nous »), point 9 « orgonomie » (fin du déflux, terme emprunté à Reich pour exprimer le bien-être cosmique, la non-séparation, la communion, selon différentes anthropologies). (voir le schéma suivant issu du manuel d’enseignement n°6)

 

Le PIT, Primary Impulse Training : Pour l’Apo l’impulsion primaire est le vecteur de l’organisation symbolique, créatrice, de l’être humain. Une progression appréhende les différentes étapes de cette construction :
Le PIT élémentaire qui comprend trois groupes de concepts :

         -  sentiment/expression/situation

         -  impulse primaire/réaction secondaire/compromis

         -  passé/présent/futur 
Le PIT avancé :

         -  les parents symboliques, les parents réels, l’amant(e)

         -  le moi névrotique, la transformation, le soi. 
Le PIT avancé montre la force des images comme leviers de transformation dans le processus thérapeutique. Un enchaînement de rêves éveillés, générateurs d’images archétypales précises, permet de symboliser les émergences de l’inconscient et soutenir l’individuation de la personne. 



Publications :

  1.                -  Manuels d’enseignement : n° 1 à 6
  2. b.                -  Revue ADIRE : n°1 à 25
  3.                -  Paul Boyesen, « Pour qui je me réveille le matin »
  4. d.                           -  Anne Fraisse, « La fontaine de feu, enseignement et initiation d’Elie Humbert », ed. 
Albin Michel